AFFRONTEMENTS ÉCONOMIQUES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
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Affrontements économiques en Afrique subsaharienne - Infoguerre
En 2020, force est de constater que le continent africain qui produit 1,6% des richesses internationales de la planète est à l'écart de la mondialisation vécue comme telle sur les trente derni...
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La nouvelle page de la mondialisation qui s'annonce se fera donc avec toutes les Afriques (Afrique subsaharienne francophone et anglophone comprise) et en rebattant certaines cartes. Si les puissances étrangères d'hier et d'aujourd'hui colonisatrices en leur temps pour la plupart sont toujours aussi présentes aujourd'hui dans le vaste tourniquet des échanges, des guerres d'influence entre le continent et les reste du monde, elles ne sont plus « seules », d'autres ont pris le relais, du côté des gros conglomérats industriels autochtones, du côté des fonds souverains ou non diverses et protéiformes. Du côté de la société civile en mode business en quelque sorte.
Selon le site d'information « African Shapers1», les 13 plus grands fonds souverains (fonds qui gèrent les obligations, les dettes, stabilisent les finances publiques des Etats) pèsent déjà à eux seuls 85 milliards de dollars là où vingt ans plus tôt, ils n'étaient qu'embryonnaires.
Au Nigéria, par exemple, le « Nigeria Sovereign Investment Authority » doté de près de 1,7 Milliard de dollars, créé en 2011 gère un fonds dont le produit à base des revenus excédentaires issues des réserves pétrolières excédentaires de ce pays a pour missions premières d'épauler l'épargne populaire de ses habitants et de stabiliser la conjoncture en période de crise économique.
Au Sénégal, le Fonds souverain d'investissements stratégiques S.A constitué en 2013 voit sa mission déborder vers le secteur privé puisqu'il doit participer à la dynamisation de la production.
S'il est de coutume de dire que les banques de détails et d'investissements en Afrique ne financent pas assez l'économie, d'autres fonds ou structures savent désormais prendre le relais ou se faire entendre pour épauler les TPE, les PME, voire le secteur informel (80% de la richesse privée produite en Afrique subsaharienne).
En 2020, les guerres économiques ont donc toujours lieu avec la participation ou la passivité d'acteurs majeurs internationaux que sont les grandes puissances mondiales. A cet égard, les grilles de lectures pour apprécier le chemin parcouru depuis l'aube des indépendances jusqu'à aujourd'hui ne sont pas les mêmes que l'on soit pays subsaharien francophone ou pays subsaharien anglophone.
En 1957, La proclamation de l’indépendance du Ghana en mars 1957 inaugure l’ère des « soleils des indépendances » en Afrique subsaharienne. Elle est suivie par celle de la Guinée française l’année suivante. C'est véritablement en 1960 que la majorité́ des pays africains accèdent à la souveraineté́, du Congo au Nigeria, du Togo à la Somalie en passant par Madagascar... Cette année-là̀, 17 pays d'Afrique subsaharienne quittent le giron de la colonisation. On prête au premier président sénégalais Léopold Sédar Senghor les qualificatifs de « année magique » ou encore « année du chiffre des choses ». L'entente cordiale économique semble être au bout de la rue. Il n'en est rien 50 ans plus tard.
En 2011, selon le classement du rapport « Doing Business2» de la Banque mondiale, qui prend le pouls sur la qualité de l’environnement des affaires, les africains anglophones sont plus favorisés que leurs frères francophones : il leur est plus facile de créer des entreprises, de
dédouaner leurs importations et d’obtenir le paiement de leurs créances. A titre de comparaison, les communications téléphoniques coûtent au Bénin quatre cents fois plus cher qu’au Ghana. Pour ce qui est du développement humain, ce n'est guère mieux. Sept des dix Etats africains les plus mal classés (sur 187) par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) se trouvent en francophonie. Trois d'entre eux occupent les trois dernières places : le Burundi, le Niger et la RDC. Les pays francophones pèsent 19 % du produit intérieur brut moyen de l’Afrique subsaharienne, quand les anglophones en représentent 47 % (hors Afrique du Sud).